La meunerie n’a pas retrouvé son niveau de performance d’avant Covid
L’ANMF (Association Nationale de la Meunerie Française) a commandé une étude à la Banque de France sur les résultats des entreprises de la meunerie. Ainsi, la Banque de France a analysé la situation économique et financière des entreprises du secteur de 2018 à 2024. Cette étude confirme la situation préoccupante dans laquelle se retrouve ce secteur stratégique pour la filière céréalière et incontournable dans l’alimentation quotidienne des Français. La capacité d’investissement des entreprises demeure faible alors que la meunerie doit investir pour regagner en compétitivité, faire face à la progression des importations de farine (+ 50 % en deux ans). Malgré l’augmentation du chiffre d’affaires sur les trois dernières années, la rentabilité des entreprises de la meunerie reste faible du fait d’un niveau de charges élevé et des prix de vente qui ne suivent pas. Il en résulte un taux de marge nette qui dépasse à peine 1 % sur six des sept dernières années. Ce taux était négatif en 2022 et quasi nulle en 2023. En conséquence, 41 % des entreprises étaient déficitaires en 2022, contre 20 % trois ans plutôt. En dépit de l’amélioration de la rentabilité en 2024 qui remonte à 2,3 % (contre 3,9 % pour l’Industrie Agroalimentaire), près de 30 % des entreprises de la meunerie affichent un résultat net (RCAI) déficitaire. L’enjeu de la rentabilité demeure entier pour les entreprises qui doivent réaliser des transformations profondes pour rester compétitives et réaliser leur transition durable. Le secteur doit relever le défi de l’investissements et renouveler des équipements vieillissants et moins performants en comparaison à ceux des pays leaders de la meunerie comme l’Allemagne, l’Italie ou la Turquie, devenus premiers exportateurs de farine dans le monde. « Pour résister face à cette concurrence et conquérir le marché international de la farine en expansion, les entreprises françaises doivent pouvoir renouveler leur matériel en réalisant des investissements de rupture avec le soutien de l’Etat et la vente de la farine à un prix juste », affirme Jean-François Loiseau, Président de l’ANMF. Depuis 2023, les importations ont augmenté de 50%, principalement en provenance d’Allemagne. La compétitivité se joue ainsi la fois sur le marché international et français.
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