Un secteur de la BVP résilient qui fait face aux mutations
Le 16 avril dernier, la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) a publié un état des lieux de la filière BVP (Boulangerie-Viennoiserie-Pâtisserie), soulignant sa capacité d’adaptation malgré un contexte économique qui demeure fragile. Après une période de choc inflationniste, le secteur se stabilise mais se transforme en profondeur, avec, notamment une concentration du marché : le nombre d’entreprises a baissé de 12,9 % depuis 2020, traduisant un mouvement de consolidation tant chez les industriels que dans les réseaux de magasins. En ce qui concerne la croissance et la rentabilité, en 2024, le chiffre d’affaires a progressé de 1,6 %. Cependant, les marges restent faibles : pour 100 € de chiffre d’affaires, le résultat net n’est que de 3 à 4 €. Fort heureusement, l‘export est devenu un levier majeur, représentant désormais 20 % du chiffre d’affaires du secteur. Enfin, la filière reste ancrée dans les territoires, composée à 94 % de micro et petites entreprises. La BVP se distingue par une valeur ajoutée plus élevée que la moyenne de l’industrie alimentaire, ce qui s’explique par des produits plus élaborés (macarons, pâtisserie, viennoiserie) et un savoir-faire nécessaire à la fabrication des produits. « La BVP est un secteur du quotidien, utile à tous les Français et porté par une consommation solide. Mais cette force ne doit pas masquer une réalité : nos marges sont faibles et nos entreprises sont sous pression. Malgré cela, la filière reste dynamique, continue de recruter et d’investir. C’est un secteur vivant, résilient, et avec de vraies perspectives pour l’avenir », affirme Didier Boudy, Président de la FEB.
L’évolution des modes de consommation
L’étude Nutrimétrie 2024 menée avec la Banque de France révèle que le pain reste l’aliment de base des Français, tout en s’adaptant aux nouveaux rythmes de vie, avec des volumes en hausse : après des années de baisse, les volumes de produits BVP ont bondi de 6,4 % en 2024. Le succès du snacking ne se dément pas. En effet, la consommation « nomade » (sandwichs, buns) gagne du terrain, représentant 17 % de la consommation chez les adultes et 23 % chez les jeunes. La baguette demeure la reine chez les enfants comme chez les adultes (vs le pain de mie et les pains spéciaux) et le pain reste principalement intégré aux repas du quotidien, notamment au déjeuner et au dîner. Les adultes consomment en moyenne 103,7 g de pain par jour. Cette consommation augmente avec l’âge, passant de 63 g/j chez les enfants (3-10 ans) à plus de 118 g/j chez les 50-64 ans. Au-delà de son ancrage culturel, le pain joue également un rôle nutritionnel important, contribuant de manière significative aux apports en énergie, glucides, fibres et micronutriments. Ces évolutions confirment que le pain demeure un repère alimentaire essentiel, tout en s’adaptant aux nouveaux modes de vie des Français.
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