Le Congrès de la Meunerie Européenne sous le signe de l’innovation et de la résilience

Le Congrès de la Meunerie Européenne, qui s’est déroulé à Marseille, était co-organisé par l’ANMF (Association Nationale de la Meunerie Française) et European Flour Millers (EFM). Il a réuni plus de 300 participants issus de l’ensemble de la filière céréalière européenne, incluant des meuniers et des représentants venus de France, d’Europe, d’Ukraine et du Maroc, venus échanger autour des grands enjeux du secteur. Grande nouveauté de cette édition 2026, le “Parcours innovation” a permis la présentation de cinq solutions concrètes visant à améliorer la qualité des grains, la sécurité sanitaire et la durabilité des pratiques tout au long de la chaîne de valeur : le tri avancé des céréales par la technologie NIR-T, présenté par BoMill ; les procédés de désinfestation à faible empreinte carbone, développés par Demmos ; la protection des grains par l’utilisation de bactériophages, proposée par Lesaffre ; la biodécontamination à l’ozone sans résidus, portée par IDR Groupe ; les outils d’optimisation et les initiatives de recherche menés par Intercéréales et Arvalis pour accompagner les acteurs du secteur. Les différentes interventions ont apporté un éclairage précis sur la compétitivité, la souveraineté alimentaire et les mutations économiques mondiales. En ouverture, Christophe Hansen (Commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation) a rappelé que l’agroalimentaire représente près de 30 millions d’emplois au sein de l’Union européenne, la meunerie en étant un maillon essentiel. Face aux crises climatiques, sanitaires et géopolitiques, il a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté européenne en investissant dans l’innovation et en réduisant les dépendances stratégiques. De son côté, Dominique Anract (Président de la CNBPF) a salué la résilience du modèle artisanal français et ses 35 000 établissements. Malgré les difficultés de recrutement et la hausse des coûts, des perspectives se dessinent grâce au snacking, aux produits enrichis en protéines et à l’intégration de l’intelligence artificielle au service du savoir-faire traditionnel. Jean-Manuel Lévêque (Président de Novepan) a souligné que le principal défi résidait dans la baisse de la consommation globale de pain. Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, l’industrie mise sur le développement de produits alliant nutrition (plus de fibres et de protéines) et plaisir gustatif. Jean-François Lepy (Directeur de Soufflet Négoce par InVivo) a dressé le bilan de la production de blé meunier. Si la récolte 2025 a été marquée par une moisson record, les conditions climatiques défavorables observées dans plusieurs bassins céréaliers font craindre une baisse significative de l’offre en 2026, ce qui pourrait soutenir les prix dans les mois à venir. Enfin, un focus sur la meunerie ukrainienne, a été animé par Konstantin Ignatenko (CEO des Moulins de Kiev), qui a livré un témoignage poignant sur l’impact de la guerre. Depuis 2021, près de 30 % des moulins du pays ont été détruits. Malgré ces pertes massives, le secteur fait preuve d’une résilience hors norme en s’adaptant continuellement aux contraintes logistiques et énergétiques nationales.